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Aldus Pius Manutius

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Aldus Manutius, Bild aus Firmin-Didot

Parmi tous ceux qui jusqu’à ce jour ont exercé l’art de la Typographie, cet art dans lequel les demi-succès sont aussi faciles que la véritable supériorité est rare, Alde l’ancien et son fils Paul Manuce méritent à tous égards d’occuper la première place. Remplis d’une admiration enthousiaste pour les chefs-d’oeuvre littéraires de la Grèce et de Rome, ils sacrifièrent les avantages de réputation et de fortune qu’ils pouvoient ne devoir qu’à leurs ouvrages personnels, et dévouèrent leur vie entière à tirer les écrivains anciens du chaos où huit siècles de barbarie les avoient plongés. Non contents de les arracher à la destruction, ils voulurent les rendre d’un usage universel, et s’appliquèrent à les reproduire sous des formes qui, rendant leur acquisition moins dispendicuse, les missent à la portée d’un très grand nombre de lecteurs. Des connoissances ordinaires et des talents médiocres étoient suffisants pour l’impression des livres de scolastique, de jurisprudence et de mysticité, qui à cette époque occupoient presque ex clusivement les Imprimeries, et tenoient la principale place dans les Bibliothèques; mais, pour s’écarter de la route depuis si long-temps fréquentée, pour n’étre rebuté par aucune des difficultés inséparables de la publication première des anciens auteurs, et surtout des auteurs grecs, il falloit, avec une instruction peu commune, toute l’activité d’un génie supérieur jointe à cette persévérance que rien n’arrète, et quitient presque de l’opiniàtreté. Plus d’un savant de ces premiers temps de la renaissance des lettres a illustré sa vie entière par la révision d’un seul, ou d’un petit nombre de ces précieux écrits qui n’ont traversé la nuit des temps qu’avec plus ou moins d’altération; mais les célèbres Imprimeurs dont on va lire l’histoire, sont les seuls dont la brillante nomenclature des éditions par eux publiées et soigneusement chätiées, présente en même temps la liste presque complète des chefs-d’oeuvre de l’ancienne littérature, ainsi que de la littérature moderne de leur patrie.

Au milieu des travaux continuels, des soins de tous les instants qu’exigèrent pendant de longues années les difficiles et savantes éditions que chaque mois, chaque semaine voyoit sortir de leurs presses, ces deux hommes infatigables trouvèrent encore des loisirs pour cultivereux-mêmes les lettres, et ils ont laissé de nombreux ouvrages qui attestent leur profond savoir, et jouissent encore d’une estime méritée.

Paul Manuce surtout a su acquérir, par une étude continuelle des ou vrages de ciceron, cette pureté et cette élégance de style que toujours on admirera dans ses lettres et préfaces écrites en langue latine. Ses commentaires sur Cicéron sont encore dans les mains de tous ceux qui veulent lire avec fruit les chefs-d’oeuvre de ce père de l’éloquence; et ses dissertations d’antiquité ne sont moins lues à présent que parce qu’elles ont été remplacées par des écrits plus récents qui lui doivent une partie de ce qu’ils contiennent de meilleur sur les sujets que lui-même avoit traités.

Alde Manuce, fils de Paul, le dernier de cette famille si recommandable, figure avec moins d’éclat dans la liste des Imprimeurs renommés. On peut même dire, sans étre injuste envers lui, ques’il n’eùt pas été le fils de Paul Manuce, s’il n’eſt pas hérité de la réputation de son père aussi bien que de son Imprimerie, on se souviendroit peu qu’il etit jamais été Imprimeur: mais, sides goûts différents donnèrent à ses occupations et à ses études une direction différente, si même il n’a égalé en rien son père et son aieul, ses nombreux ouvrages prouvent néanmoins qu’il fut laborieux et instruit, et justifient jusqu’à un certain point les éloges quelquefois exagérés deplusieurs de ses contemporains.

L’histoire de ces trois savants Imprimeurs n’a point encore été complètement écrite, quoique beaucoup de biographes les mentionnent honorablement. Tous ceux qui ont parlé de l’état des lettres pendant le seizième siècle, ne pouvoient manquer de citer avec distinction cenx qui en furent un des principaux ornements : mais ces passages, qu’on lit dans De Thou et dans beaucoup d’autres écrivains moins célèbres, sont plutôt des témoignages d’estime que des écrits historiques, et ne suffisent point pour faire connoitre ces habiles Imprimeurs autant qu’ils méritent de l’étre par tout ami de la bonne littérature.

Dans le siècle dernier, Unger en Allemagne, Apostolo Zeno à Venise, le Florentin Domenico Maria Manni, le P. Lazzeri a Rome, et enfin Maittaire et Tiraboschi, ont laissé des notices plus ou moins longues et détaillées sur l’un ou sur l’autre des trois Alde. Le premier de ces écrivains, Unger, qui a publié son ouvrage en 1729, l’a surchargé de digressions étrangères au sujet, et qui rendent sa lecture fastidieuse et rebutante. Geret, parles soins de qui ce même ouvrage a été réimprimé à Wittemberg, 1753, in-4°, y a ajouté des notes redressant plusieurs erreurs, et suppléant diverses omissions; mais, par la nature de ces additions, et par la manière dont il les a introduites dans le livre, il y a mis encore plus d’incohérence et de confusion. Le Catalogue des éditions d’Alde, qui se trouve dans les deux editions, est en outre tellement incomplet et inexact, que l’utilité en est tout-à-fait nulle.

L’ouvrage de Manni, moins verbeux, se présente sous une forme plus his torique; aussi le lit-on moins péniblement que les paragraphes décousus de l’auteur allemand. Comme Unger, il ne s’est occupé que du seul Alde l’ancien; sa notice des éditions Aldines, que lui-même annonce comme très sommaire, est tout-à-fait incomplète, et elle a le grand défaut de contenir l’indication vague de plusieurs éditions qui n’ont jamais existé.

Le père Lazzeri, qui donna è Rome, en 1754-58, des notices sur Paul Manuce, parmi les prolégomènes à un recueil de lettres inedites de divers savants, rapporte avec une minutieuse exactitude tout ce qui lui semble avoir le moindre trait à Paul Manuce. Lettres, préfaces, écrits de tout genre, pièces inédites, rien n’a été négligé par le laborieux jésuite; et s’il avoit su éviter d’oiseuses particularités, mettre des bornes à ses citations, et surtout les mieux amener, son ouvrage, moins prolixe et mieux digéré, trouveroit beaucoup plus de lecteurs.

Les meilleures notices qui aient été publiées sur cette famille sont a tous égards celles qu’Apostolo Zeno a données sur Alde le jeune, à la tête des deux volumes Epistole famigliari di Cicerone tradotte: Venezia, 1736, in-8°, sous ce titre: Notizie Manuziane, et sans aucune liste des éditions Aldines. Par ce court écrit, comme par beaucoup d’autres, il a prouvé qu’un bon écrivain” peut traiter l’histoire littéraire et la bibliographie de manière à leur Óter une grande partie de leur sécheresse et de leur aridité; aussi ses ouvrages bibliographiques et critiques sont-ils éminemment distingués de tous les autres de ce genre.

Dans une de ses lettres au cardinal Querini, du 2o décembre 1748, il lui dit qu’après avoir, en 1736, donné ses Notizie Manuziane, il avoit eu le dessein de faire l’histoire de toute l’Imprimerie Manntienne chronologiquement disposée, mais qu’ayant perdu par un volun livret ou memorandum qu’il portoit toujours avec lui poury noter les éditions qu’il rencontroit (che sempre portava indosso per notarvi le edizioni) il n’avoit plus songé à cet ouvrage.

Le cardinal de Brienne, qui depuis long-temps travailloit à réaliser son projet chéri d’une Bibliothèque universelle, fit imprimerà Pise, en 1790, un Catalogue des éditions Aldines, qu’il avoit lui-même rédigé avec l’aide du père Laire, son bibliothécaire, mort en mars 1801, a Auxerre, où la Bibliothèque du département de l’Yonne avoit été confiée à sessoins. Cette liste, intitulée Serie dell’edizioni Aldine, fut réimprimée l’année suivante à Padoue, avec quelques augmentations, encore en 1791 à Venise, avec l’annonce d’Emendazioni e Giunte, qui cependant n’existent que sur le titre, et en 1803 à Florence. Cette édition a beaucoup d’additions d’une certaine importance; mais ce n’est rien moins cependant qu’un ouvrage complet, et on peut regretter d’y voir de nouvelles erreurs remplacer plusieurs de celles qui y sont corrigées. Une dernière édition fut donnée à Padoue dans la même année 1803.

Ces divers ouvrages ou fragments d’ouvrages, quoique multipliés, sont néanmoins insuffisants. La Serie ne présente qu’une nomenclature sèche, dénuée de notes et de renseignements préliminaires. Quant aux autres notices, elles sont éparses dans beaucoup de volumes, dont la plupart ne sont pas d’une acquisition facile, et que peu de lecteurs seroient tentés de vouloir réunir tous. D’ailleurs on chercheroit en vain dans l’ensemble de ces écrits cette suite de notions claires et précises, sans lesquelles toute lecture devient pénible, et reste trop souvent infructueuse.

J’ai pensé qu’avant que le temps destructeur eit aneanti les livres les plus précieux de ces Imprimeurs à jamais recommandables, il convenoit de ne plus différer à donner une histoire complète de leurs travaux, depuis la première édition qu’Alde l’ancien publia en 1494, depuis méme un court écrit de sa composition, imprimé sans date, mais qui probablement parut avant l’année 1489, jusqu’à la dernière édition de 1597, année de la mort de son petit-fils. C’est dans une telle liste que consiste spécialement leur histoire. Il ya peu de choses à dire sur leurs personnes, et leur vie entièrement littéraire ne paroit point liée aux évènements politiques: aucun fait éclatant ne vient rendre témoignage de la bienfaisante influence qu’ils exercèrent sur leur siècle. Réformateurs paisibles, n’aspirant qu’à ramener le goût des saines études et de la belle littérature, ils firent bien plus qu’ils n’auroient jamais osé prétendre. Cette exhumation de tant de chefs-d’oeuvre de l’antiquité, cette propagation de bons livres et de meilleures méthodes habitua à de meilleures lectures, étendit et rectifia les idées, et contribua puissamment à ce progrès intellectuel qui, dans les siècles suivants, devoit avoir de si prodigieux effets. Cette influence qui fut immense autant qu’irrésistible, et dont sans doute ils n’eurent pas eux mêmes l’entier sentiment, on ne peut mieux l’expliquer et la faire connoitre que par le tableau complet des savantes éditions à l’élaboration des quelles leur vie entière fut dévouée. Si parmi ces nombreuses éditions quelques-unes sont moins dignes de remarque, un Catalogue qui les décrira toutes sans exception fera voir combien leur ensemble est précieux et imposant. Une indication sommaire de cet admirable ensemble, suffisante dans une notice biographique ou dans des mémoires de littérature, manqueroit le double but que je me suis proposé dans cet ouvrage. Tout doit s’y trouver combiné de manière à avoir pour le profit du lecteur, et pour la gloire de ces trois hommes habiles un résultat réel et durable. Aussi dans la longue nomenclature de leurs importants travaux, l’exactitude bibliographique dans sa plus rigoureuse observance est-elle, non pas certes le seul, mais un des premiers devoirs.

Ce Catalogue doit donc présenter les titres de tous les ouvrages, copiés non pas sur d’autres Catalogues, mais sur des exemplaires de chacune des éditions; et il faut que ces copies des titres soient faites avec une telle exactitude, qu’elles les representent comme si on avoit les livres mêmes sous les yeux. Après ceténoncé du titre doit se trouver la description matérielle de chacun des volumes, plus détaillée pour ceux qui sontrares et précieux, mais de tous assez précise pour que, dans tous les temps, elle puisse servirà vérifier si tel exemplaire que l’on rencontre est bien complet. Après ces détails arides, mais indispensables, tout lecteur qui sait ne pas borner ses études bibliographiques à la connoissance extérieure des livres, doit desirer des renseignements sur le mérite des éditions, et notamment de celles des classiques grecs et latins si nombreuses dans ce Catalogue, sur les sources d’après lesquelles ces éditions ont été imprimées, sur les rapports entre elles des diverses réimpressions d’un même ouvrage, dont il faut tantòt préférer la plus ancienne édition comme plus belle et plus correcte, et tantòt la plus récente comme plus ample, ou d’un texte plus épuré. Il faut dire, autant qu’il a été possible de le découvrir, si tel volume est la simple copie d’une autre édition donnée antérieurement par quelque autre Imprimeur, ou si elle est le savant résultat d’une révision expresse et faite avec soin sur de bons manuscrits; et encore si dans le méme temps il a paru dans une autre Imprimerie quelque autre édition du même ouvrage, ou tout-à-fait differente, ou remarquable par quelque amélioration particulière. Sans doute il n’est pas absolument nécessaire à tous les littérateurs de chercher à connoitre toutes les bonnes éditions des ouvrages qui servent à leurs études; mais si d’un livre à leur usage ils rencontrent une édition rare, et qui leur soit peu connue, il leur est très utile de savoir où trouver sur cette édition des renseignements positifs, et qui ne puissent les induire en erreur. Des notions de ce genre se trouvent dans l’ouvrage d’Harwood sur les classiques; mais parce que son plan est général, et embrasse tous les anciens écrivains de la Grèce et de Rome, il n’a dà faire mention que de quelques-unes des principales éditions Aldines. Debure, dans sa Bibliographie, n’a parlé que du petit nombre de celles qu’il a crues les plus rares; d’ailleurs son ouvrage traitant des livres sur tout par rapport à leur plus ou moins de valeur vénale, et les éditions Aldines étant alors bien moins accueillies en France que partout ailleurs, elles ne paroissent pas avoir beaucoup attiré son attention. Il est méme probable que plusieurs, des plus rares, ont échappé à son examen; et cette lacune dans l’histoire littéraire étoit encore à remplir.

Quoiqu’un livre de bibliographie ne soit ni ne doive étre une collection de notices sur les auteurs, ni un registre dejugements littéraires, il falloit, en se taisant sur Homère, Virgile, Dante, &c, &c., ne pas négliger de caractériser certains ouvrages, de faire connoitre certains auteurs qui pour ètre loin du premier rang, et assez ignorés, méritoient néanmoins une legère commémoration; et ces notions nécessaires devoient ètre données en trois lignes, en trois mots. C’étoit aussi un devoir d’indiquer à l’amateur du luxe et des raretés typographiques les exemplaires imprimés sur un papier ou meilleur, ou d’une plus grande dimension, ou d’une couleur différente, et surtout aussi ceux qui ont été imprimés sur vélin. Quelques renseignements sur le degré de rareté des éditions étoient une des parties nécessaires de cet ouvrage; et de toutes les indications c’est peut-être la plus difficile, parce que presque tout y est spéculatif, et que tel livre fortrare dans un pays peut l’ètre beaucoup moins dans un autre , par mille causes tout à-fait accidentelles et dont il seroit même presque toujours impossible d’avoir une exacte connoissance. Un livre peut aussi ne paroitre moins rare que parce qu’en peu de temps, par un hasard non moins indéfinissable, il s’en sera trouvé plusieurs exemplaires dans les ventes publiques ou dans les magasins des libraires.

Si j’indique avec quelque soin les doubles éditions qui furent faites de plus d’un livre sous la méme date, et celles dont les exemplaires ont successivement recu de nouveaux titres, ce n’est pas que j’attache une bien grande importance à ce que la distinction en soit faite; d’autant plus que beaucoup de ces livres, les Calepin, les Lettere volgari, les Eleganze di Aldo, &c., sont maintenant à-peu-près hors d’usage; mais une telle exactitude fait nécessairement partie de mon travail: sans ce soin, le tableau seroit infidèle, et dès-lors presque inutile. Toute édition, d’une date et d’un format qui la caractérisent, a ce qu’il faut pourn’étre point confondue avec une autre; des yeux suffisent pour la discerner: mais celles qui ont été imprimées plusieurs fois sous une même date, ou au contraire rajeunies plus ou moins de fois par de nouveaux frontispices, ne peuvent être bien reconnues que par un examen habituel et réitéré; et des notices exactes sur ce point rendent au lecteur le service de lui donner des idéesjustes sur le plus ou moins de succès obtenu par tel livre ou telle édition.

Je crois avoir compris les devoirs qui m’étoient imposés, et sans l’accomplissement desquels ces Annales ne seroient qu’une vaine compilation, une oiseuse et inutile aggrégation de titres. J’ignore jusqu’à quel point j’aurai rempli cette tàche indispensable, mais au moins je suis certain de n’avoir rien négligé pour y parvenir.

Quant à la valeur pécuniaire et commerciale de chacun des livres indiqués dans ces notices, on sentira facilement qu’une telle appréciation qui a fait la fortune de quelques compilations bibliographiques, seroit déplacée dans un ouvrage purement littéraire. D’ailleurs, qui ne sait combien ces evaluations furent de tout temps incertaines, et par cela même, plus propres à induire en erreur qu’à éclairer ceux qui les consultent? Depuis la première édition de ces Annales, le Virgile de 1501 n’a-t-il pas été apprécié cinq francs dans un dictionnaire bibliographique qui a eu quelque cours, et s’est réimprimé. J’ai indiqué les prix excessifs auxquels ont été vendus divers volumes, soit pour leur beauté extraordinaire, soit par le seul effet de la concurrence des amateurs; mais ceci comme renseignements curieux, et sans avoir pour objet de fixer la valeur de tout autre exemplaire de la même édition.

Une notice succincte faisant connoitre personnellement ces trois Imprimeurs, et présentant la marche progressive de leurs travaux et de leurs succès littéraires et typographiques, la réimpression de pièces et documents utiles à leur histoire, et devenus presque introuvables, enfin des tables nombreuses et bien complètes sont un appendice nécessaire aux Annales Aldines, et en formentune des principales parties.

Depuis long-temps l’ouvrage dontje viens de tracer le plan, faisoit partie de mes projets littéraires, et j’étois d’autant plus porté à m’en occuper, que, dès ma jeunesse, une volonté bien déterminée m’avoit fait rassembler les éditions Aldines, autrefois négligées en France autant que depuis quelques années elles y ont été recherchées. Une fois ce projet formé je travaillai avec d’autant plus d’ardeur à compléter ma Collection, croyant alors comme je ne le crois pas moins aujourd’hui que, pour mettre quelque exactitude dans l’histoire de cette Imprimerie et de ses éditions, il ne me suffiroit pas d’avoir pu examiner une seule fois les livres que j’aurois à décrire, et moins encore de les indiquer sur la simple autorité d’instructions étrangères. Il ma semblé que pour ne pas courir le risque de nombreuses et choquantes erreurs, ily avoit nécessité presque absolue de vivre, pourainsi dire, au milieu de ces livres, de les avoir continuellement sous la main, de pouvoir les consulter au moindre doute, et plus d’une fois rectifier des notes qui sur les livres mêmes auroient d’abord été mal prises.

Mon ouvrage étoit déjà ébauché, lorsqu’en 1790 parut la brochure du cardinal de Brienne (La Serie), portant dans sa préface la promesse d’une histoire complète et raisonnée des trois Manuce et de toutes leurs éditions. J’abandonnai dès-lors mes notices commencées, mais je ne discontinuai pas de rassembler les éditions qui m’avoient fait naitre l’idée de ce travail; et en février 1794, quelque temps avant la mort inopinée du cardinal de Brienne, j’eus la satisfaction d’acquérir sa Collection Aldine que je réunis à la mienne déjà très avancée. Devenu possesseur d’une grande quantité de ces éditions, et surtout de beaucoup d’exemplaires doubles, je reconnus à leur confrontation combien étoit inexacte et insuffisante la liste qu’il avoit fait imprimer; et je me déterminai a reprendre l’exécution de non ancien projet. L’annonce contenue dans la Serie m’autorisoit à croire que le cardinal avoit laissé des matériaux pour l’achèvement de cet ou vrage, et de tels matériaux auroient pu m’ètre fort utiles; mais plusieurs démarches faites à ce sujet ne m’ont rien procuré, et me persuadent qu’il n’a donné aucune suite à ses premières recherches. J’espérois aussi trouver des secours dans l’immense quantité de notes bibliographiques rassemblées pendant le cours d’une longue vie par le très savant abbé Mercier de S. Léger, et j’achetaiassez chèrement, a sa vente, un exemplaire de la Serie, édition de 179o, rempli de son écriture. Mais cet habile bibliographe ne s’étoit occupé d’aucun travail particulier sur les Alde; et les notes par lui mises dans cet exemplaire que j’ai conservé, se réduisent presque entièrement à la transcription manuscrite des augmentations contenues dans l’édition subséquente de 1791, avec la copie des notes que je lui avois fournies moimême.

Toutes les éditions annoncées dans ces notices sont ou du moins ont été long-temps en ma possession, hormis celles dont la liste plusieurs fois imprimée, de 1803 à 1826, et s’élevant d’abord à plus de deux cents articles, s’est successivement diminuée jusqu’au petit nombre de 8o, dont plusieurs n’ont peut-être jamais existé, ou bien ont subi une destruction complète. De ceux qui m’ont tout-a-fait manqué, et que cependant il me falloit connoitre, le plus grand nombre m’a été communiqué par les savants et très obligeants conservateurs de la Bibliothèque royale, de celle de Sainte-Geneviève (maintenant du Panthéon), de Mazarin, &c., et par divers amateurs tant de la France que de l’étranger, de sorte que j’ai pu ne parler presque d’aucun livre, même de ceux que je n’ai point possédés, sans les avoir effectivement vus et bien examinés; et si plusieurs avoient en 1803 échappé à mon investigation, il est à espérer que trente ans et plus de nouvelles recherches m’auront actuellement misen possibilité de n’ètre resté en arrière que sur bien peu de chose.

La notice sur la vie des trois Manuce a, dans cette troisième édition, plus d’étendue et de développement que dans les deux précédentes. La mise en lumière d’un assez grand nombre de lettres de Paul Manuce qui dormoient ignorées dans les Recueils de la Bibliothèque Ambroisienne, m’a mis à même de donner sur cette famille entière, sur les travaux de ses différents membres, sur leur caractère personnel, sur les divers événements de leur vie, des détails plus circonstanciés, et surtout plus positifs et plus exacts. Ces lettres m’ont aussi amené, un peu tardivement, il est vrai, a exclure des collections Aldines plusieurs insignifiantes éditions de Venise ou de Rome, à-peu-près oubliées depuis trois siècles, et tout-à-coup réputées plus précieuses que pierre orientale, pour avoir été depuis quelques années at tribuées à l’un des deux derniers Manuce auxquels elles n’appartiennent point. Au risque d’ètre traité en iconoclaste je n’ai pas hésitè à decanoniser ces nouveaux saints dont le culte ne repose sur aucun véritable titre. (Voyez les Biographies Manutiennes et les notes supplémentaires dont elles sont suivies.)

Les Imprimeurs lyonnois qui ont fait, de 1501 à 1527, un grand nombre d’éditions en caractères italiques, à l’imitation de celles d’Alde, et qui méme ont évidemment contrefait plusieurs des siennes, ne devoient point ètre passés sous silence dans une histoire complète des éditions Aldines. Je donne sur ces Imprimeurs lyonnois et sur leurs éditions tous les renseignements qu’il m’a été possible de recueillir, et qui dans cette troisième édition sont bien plus complets que dans les deux précédentes. Je parle aussi de quelques autres Imprimeurs qui, moins constants à suivre les pas d’Alde l’ancien , et moins opiniàtres à imiter frauduleusement un grand nombre de ses éditions latines et italiennes, n’ont pas laissé d’en contrefaire quelques-unes, sans que jusqu’à ces derniers temps leur fraude, non plus que celle des Lyonnois, ait jamais été découverte et signalée.

Avant cette liste d’éditions contrefaites, on trouvera celle des nombreux volumes qu’André Torresano ou Torresani d’Asola, beau-père d’Alde l’ancien, publia à Venise depuis 1479 jusqu’en 1507, époque à laquelle il n’imprima plus qu’en société avec son gendre, après la mort duquel on sait qu’il conduisit encore pendant quatorze ans et avec succès l’Imprimerie Aldine.

Les éditions données à Paris par Bernard Turrisan, petit-fils d’André d’Asola, ont aussi fait le sujet d’un travail particulier. Quoique la notice en soit très courte, je l’ainéanmoins séparée de celle qui concerne les Alde, parce que, faites à Paris, et imprimées pour la plupart par Féderic Morel, les éditions de Bernard n’ont avec celles d’Alde d’autres rapports que l’emploi de la méme marque d’Imprimerie, et la parenté des deux maisons qui publièrent les unes et les autres. Quant aux éditions que les Turrisan donnèrent à Venise, elles sont comprises dans la liste de celles des Alde, leurs parents, parce que la plupart de ces éditions Turrisanes furent exécutées dans l’Imprimerie Aldine, et que plusieurs autres, marquées Ex Bibliotheca Aldina, sont faites à l’imitation de celles d’Alde, avec les mémes caractères et les mêmes marques d’Imprimerie. Les noms des Imprimeurs, mis exactement à chacune d’elles, empècheront qu’il y ait aucune équivoque sur le nom de ceux à qui en sont dues et l’exécution et la publication.

Les portraits des trois Manuce ne devoient point manquer à un ouvrage consacré à leur gloire. Celui d’Alde l’ancien est exécuté d’après la gravure en bois qu’on voit sur le titre de plusieurs éditions in-folio, données par son petit-fils vers 1580. Dans cette ancienne gravure en bois, dont on trouve à la page 424 une exacte copie de méme en bois, la physionomie de ce portrait est caractérisée de manière à ne pas laisser douter que la ressemblance n’en soit exacte. Celui de Paul Manuce est pris sur une gravure ovale, en taille-douce, imprimée au verso du titre de l’un des volumes du Cicéron in-folio de 1582-83. Ces deux portraits, aussi bien gravés que leur ressemblance avec les modèles choisis est parfaite, sont dus aux talents distingués d’Augustin Saint-Aubin, excellent graveur, et dessinateur non moins habile. Celui d’Alde le jeune, moins important, est fait d’après une gravure en bois qu’il a lui-même placée sur le titre de quelques-uns de ses volumes. Dans ma première édition, tom. II, p. 134, j’avois mal-à-propos pris pour modèle une petite gravure en bois que depuis j’ai reconnue étre le portrait de Paul Manuce. Cette erreur a été réparée; et si le portrait que depuis j’ai fait copier n’a rien de bien flat teur, au moins n’est-il pas celui d’un autre personnage.

Les diverses marques Aldines, reproduites en bois ainsi qu’étoient leurs originaux, sont celles de l’édition première, auxquelles ont été ajoutées d’abord en 1825, et ensuite dans cette dernière édition, plusieurs pièces qui m’ont semblé nécessaires pour en compléter l’ensemble.

Sur le titre gravé du tome premier des Annales typographiques de Maittaire, on voit un portrait d’Alde l’ancien, par l’habile Houbraken; et quoique ce portrait soit évidemment gravé sur le même modèle en bois qui a servi à Augustin Saint-Aubin, Houbraken en a fait une tète de fantaisie, d’une belle exécution, mais dont la ressemblance n’est rien moins que fidèle. Le portrait qu’on voit à la tête de la brochure de Manni, moins bien gravé, ressemble beaucoup mieux. Quant à celui qui est dans le volume de Unger, ce n’est qu’une caricature. On trouve encore ce portrait dans Illustrium Jure consultorum Imagines; Romae, 1566, dans l’élégant ouvrage publié par Bettoni (Vite d’Illustri Italiani, Milano, 1820, 2 vol in-fol.) où est aussi celui de Paul Manuce, et enfin gravé à Londres par Moses Haugton, d’après une peinture que possédoit le libraire anglois Edwards, et qu’il attribuoit à Gio. Bellino; tous trois en in-4° : on le voit sous forme de médaille dans le Museo Mazzucchelliano, t. 1er fig. xxxvii, et il en existe une grande médaille en bronze sur laquelle voyez en ces Annales, pag. 424.

Il a fallu pour cet ouvrage me livrer à des recherches et à des travaux bien plus étendus qu’on ne pourroit d’abord le présumer; et je ne crains pas d’avouer que, de tous les écrits bibliographiques, ceux de ce genre sont les plus ingrats et les plus difficiles à bien faire; on en sentira la raison. Annoncer l’histoire de tels ou tels Imprimeurs et de toutes leurs éditions, c’est contracter l’obligation de ne rien passer sous silence. Il faut que la plus mince brochure, que la feuille volante la plus fugitive, soit apercue et bien exactement indiquée au lecteur qui a le droit de reprocherà l’auteur toutes ses omissions, en même temps qu’il peut se trouver très disposé à lui avoir fort peu d’obligations de toutes ses recherches. Une notice raisonnée de livres plus ou moins rares, une suite de mélanges bibliographiques sur des éditions du quinzième siècle, sur des classiques, &c. trouveroient peut-être un plus grand nombre de lecteurs, et certainement, pour moi comme pour tout autre, eussent été d’une exécution moins épineuse; mais je ne crains pas de le dire, elles eussent produit un livre moins véritablement utile.

Beaucoup d’amateurs, sansavoir volonté de formerune collection Aldine, prennent un grand plaisir à rassembler plusieurs des rares éditions qui la composent Les uns, et c’est le plus grand nombre, accueillent surtout les volumes élégants et portatifs de la collection in-8”, imaginée par Alde l’ancien, et dont le Virgile de 15o1 est le premier et le plus précieux: quelques-uns s’attachent surtout aux éditions italiennes; d’autres enfin ont une prédilection toute particulière pour les belles éditions grecques de grand et petit format, qui font la gloire d’Alde l’ancien , et en général on peut dire que, pour tout amateur un peu zélé, la rencontre d’un beau volume d’Alde est une bonne fortune qui, suivant le mot très spirituel de Mirabeau à l’abbé de Saint-Léger, le rend heureux pour trois jours.

Aussi les Annales de l’Imprimerie des Alde ne sont pas un livre à l’usage seulement du très petit nombre d’amateurs qui voudroient rassembler toutes les éditions de ces Imprimeurs célèbres: elles sont destinées à prendre place dans toutes les Bibliothèques où l’on veut réunir les meilleures éditions des ouvrages de littérature ancienne; je les crois surtout un livre devenu indispensable pour les Bibliothèques publiques, et pour les per sonnes qui dans leurs études admettent celle de l’histoire littéraire.

Quant aux fautes de ceux qui m’ont précédé, j’aurois voulu qu’il m’eût été permis et possible de ne jamais les relever. Je sais que trop de bibliographes regardent comme une principale portion de leur tàche, peut-être méme comme un des privilèges de leur emploi, denoter avec une exactitude quelquefois orgueilleuse, trop souvent avec une emphase tant soit peu ridicule, les endroits où se sont égarés leurs prédécesseurs. Dans certains cas seulement je n’ai pu me dispenser de faire quelques observations. J’ai dà relever une partie des nombreuses inexactitudes de la Serie. Si un bibliographe justement accrédité, un éditeur reconnu pour savant et habile donnent comme réelle une édition créée par eux-mêmes, s’ils dénaturent essentiellement une description, il devient obligatoire de rétablir les faits pour le plus grand avantage du lectenr, et pour ne pas le laisser dans l’erreur ou dans l’incertitude.

Après avoir, en 1803, publié cet ouvrage, j’y donnai en 1812 un Supplément qui formoit un petit volume in-8°. J’avois suivi à la lettre le précepte d’Horace, Nonum prematur in annum, et ce n’avoit pas été une attente vaine et sans fruit. Le Supplément contenoit beaucoup de corrections et d’additions, résultat de recherches non interrompues, mais tout n’étoit cependant pas trouvé: il est d’ailleurs une foule d’améliorations imperceptibles, ne seroit-ce que celles de style, qui ne peuvent avoir place dans un Supplément; et si je m’étois déterminé à en publier un tout imparfait et incomplet qu’il dùt ètre, c’est qu’ayant présenté dans mes Annales un en semble de notions précises sur les Manuce et leurs éditions, tout ce qui dans ce livre étoit passé sous silence, donnoit en quelque facon lieu à des découvertes dans le pays bibliographique, de sorte que pour ne point voir mon ouvrage devenir un livre de vieille science, il m’avoit été indispensable de rédiger et publier sous forme de Supplément ce que j’avois à dire de nouveau sur ce sujet; et il me me sembloit d’ailleurs point présumable que j’eusse jamais à faire une réimpression de l’ouvrage. Cette reimpression eutcependant lieu en 1825. A sa première apparition, mon travail avoit été accueilli avec une bienveillance que je n’aurois osé espérer : la seconde édition futrecue comme un livre presque nouveau, bien supérieur pour son exactitude, pour l’intérêt de sa lecture º, et aussi pour l’absence de cet ennui qui ne se répand que trop sur beaucoup d’onvrages de ce genre. L’imprimant aujourd’hui pour la troisième, et certainement pour la dernière fois, je suis vraiment étonné de tout ce que de nouvelles investigations et un travail opiniàtre m’ont mis à même d’y ajouter ou rectifier. Si les trois volumes de 1825 étoient en quelque sorte un nouvel ouvrage, ce volume unique de 1834 qui les remplace, se présente avec bien plus d’améliorations encore. On y trouve tout ce qui est dans le Supplément de 1812, tout ce qui ne pouvoit y trouver place, et enfin tout ce que j’ai pu ajouter avant et depuis 1825. D’un bout à l’autre, les renseignements y sont plus exacts et souvent plus complets; le matériel bibliographique, cette indication de nombre des pages, de préliminaires, et de préfaces, &c., &c., partie la plus insipide de mon travail, et dont sa nécessité a pu seuleme faire supporter le mortel ennui, a encore été corrigé et rectifié dans une multitude d’endroits. Les details que l’on peut aimer à rencontrer en par courant une longue et obligée nomenclature d’éditions, y sont bien plus fréquens; et je me trouve heureux d’avoir aussi été misen pouvoir de rendre les trois Biographies Manutiennes beaucoup plus complètes.

Dans ces dernières années j’ai encore découvertun certain nombre d’éditions Aldines et Juntines qui m’avoient été jusqu’alors inconnues, j’en ai vu plusieurs dont l’existence ne m’avoit pas encore été bien prouvée, d’au tres enfin qui n’étoient point douteuses, mais que je n’avois pu vérifier et suffisamment examiner. Les exemplaires imprimés survélin, si recherchés par d’opulents amateurs, les grands papiers moins importants sans doute, mais encore très précieux, sont mieux indiqués que dans l’édition première, et mieux même que dans la seconde. Le Catalogue des éditions données par l’Accademia Veneziana ou Della fama, refait en 1812 dans le Supplément, a encore recu quelques corrections, et présente des vues nouvelles sur la fondation et l’anéantissement subit de ce grand établissement littéraire: ce qui concerne les contrefacteurs Lyonnois et autres, est plus étendu et plus exact: des lithographies soignées, faites d’après des lettres originales, font connoitre l’écriture d’Alde l’ancien , de Paul Manuce et d’Alde le jeune: j’ai ajouté une lettre grecque de Marco Musuro, l’un des plus laborieux et des plus savants coopérateurs des travaux d’Alde l’ancien; enfin je donne la copie figurée de la feuille de Bible polyglotte retrouvée par l’Abbé de Saint-Léger dans un manuscritde notre Bibliothèque royale, et de laquelle on ne connoit aucun autre exemplaire: dans la notice sur les Junte, est une lettre de Bernardo Junta.

Quelques soins que j’aie donnés à cet ouvrage, je ne me suis pas dissimulé que je n’en ferois jamais qu’un livre à l’usage de peu de lecteurs; mais j’espère que, par ce petit nombre de personnes il ne sera point jugé labor irritus et incassus, et que pour ceux-là au moins, mes veilles ne seront point entièrement perdues. Passionné pour l’art de la typographie, pour tous les travaux qui tendent à conserver les productions du génie, et à multiplier les moyens d’instruction qui, malgré les inquiètes précautions de tous les despotismes, rendent irrévocable l’émancipation du genre humain, je n’ai pu résister au desir d’élever un monument à la gloire des Imprimeurs les plus habiles qui furent jamais. Entrant moi-même dans la carrière que ces hommes célèbres avoient parcourue avec tant d’éclat, j’éprouvai une satisfaction bien vive à leur payer ce tribut de vénération et de reconnoissance; et sortant de cette pénible carrière, dans laquelle j’ai laborieusement cheminé pendant plus d’un quart de siècle, disant adieu au négoce bibliopolique, sans néanmoins prendre congé des livres, ni renoncer aux consolations et aux jouissances qu’offre lemr usage, j’ai fini comme j’avois commencé, j’ai salué les Manuce de cette publication en leur honneur.

Que ce livre demeure dans la science bibliographique sans y faire éprouver le besoin de le voir mis de còté et remplacé par un autre mieux concu ou mieux exécuté, il aura obtenu la plus réelle des récompenses!



Der Text meines Vorwortes zu Katalog 7.
Aldus Signet

 

Sekundärliteratur zu den Aldinen

Antoine Augustin Renouard:
Annales de l’imprimerie des Alde ou histoire des trois Manuce et de leurs éditions. Troisième édition.
Paris: Jules Renouard, 1834.
Octavo. XVI, 584, [4], [16], LXXII Seiten. Mit zahlreichen Faksimiles, Signeten, Typenbeispielen.
Leinwand der Zeit.

Standardwerk zu den Aldinen und immer noch eine sehr gute Bibliographie. Nach den 584 Ss. befinden sich beigefügt zwei Auszüge der Annales de l’imprimerie des Estienne: ein vierseitiges Supplément aux Annales aldines sowie Alde l’Ancien, Aldus Pius Romanus et Henri Estienne, Henricus Stephanus secundus. Die anschließenden LXVIII Ss. enthalten eine Notice sur la famille des Junte et liste sommaire de leurs éditions jusqu’en 1550 sowie Annales juntines und Table des éditions juntines de Venise et de Florence.
Besterman III,5153 – elektronisches Faksimile / PDF.

Ambroise Firmin Didot:
Alde Manuce et l’Hellénisme à Venise. Orné de quatre portraits et d’un fac-simile. Hellénisme dans l’Occident. Isabelle d’Este, Marquise de Mantoue. Correspondance inédite des réfugiés grecs en Italie. Zacharias Calliergi et les calligraphes crétois. Premières impressions greques, etc.
Paris: Ambroise Firmin-Didot, 1875.
Octavo. 219 × 132 mm. Portraitfrontispiz, [4], LXVIII, 646, [1], [1 weiße] Seiten, incl. Index. Sowie drei Tafeln und ein doppelblattgroßes Schriftfaksimile.
Handgefertigter Halbledereinband des frühen 20. Jahrhunderts mit mittelblauem Maroquinrücken und -ecken, mit fünf erhabenen Bünden auf dem Rücken und Rückenvergoldung unter Verwendung eines ornamentalen Stempels im Stil des 16. Jh. auf den Feldern, goldgeprägter Rückentitel auf zweitem Feld, unten das Jahr. Originalumschläge beigebunden. Signiert Anker Kyster.

„A monograph of Aldus Manutius, the great Italian printer of the sixteenth century, to whom the world of literature owes some of the best editions of the Greek classics, and the world of art some of the noblest examples of typography (...) It gives a bibliographical and technical account of the products of the Aldine press from 1494 to 1515“ (Bigmore/Wyman).
Bigmore/Wyman I,173 – Brunet, Suppl. I,395 – Vicaire III,259 – Wagner 728 – Besterman 5153.

Nicolas Barker:
Aldus Manutius and the Development of Greek Script & Type in the Fifteenth Century. With original leaves from the first Aldine editions of Aristotle, 1497; Crastonus’ Dictionarium Graecum, 1497; Euripides, 1503; and the Septuagint, 1518.
Sandy Hook, Connecticut: Chiswick Book Shop, 1985.
Gr.Quarto. 329 × 226 mm. xiv, 115, [8], [3]w. Ss. Mit 50 teils ganzseitigen Faksimileabbildungen von Manuskript- und Druckseiten sowie den vier im Titel erwähnten Original-Blättern.
Goldgeprägte Original-Leinwand mit Original-Leinwandschuber.

¶ Eins von nur 200 Exemplaren. Behandelt die griechischen Typen der Inkunabelzeit vor Aldus, die vier aldinischen Typen sowie deren Nachfolger. Allgemeine technische Erläuterungen zum Typenguß und speziell zum komplexen Satz der aldinischen griechischen Typen werfen Licht auf die handwerkliche Seite des Frühdrucks.

Nicolas Barker:
Aldus Manutius and the Development of Greek Script & Type in the Fifteenth Century. Second Edition.
New York: Fordham University, 1992.
Gr.Quarto. xiii, [1], 138 Seiten. Mit 49 Abbildungen, sowie vier Seiten Faksimiles, fünf Typentabellen.
Original-Leinwand mit goldgeprägtem Titel auf Rücken und Vorderdeckel.

Zweite Ausgabe. Eins von 350 Exemplaren. Unverzichtbares Standardwerk zum Thema in der überarbeiteten und vermehrten zweiten Auflage.

Luciana Bigliazzi et al.:
Aldo Manuzio tipografo 1494-1515. Catalogo a cura di Luciana Bigliazzi, Angela Dillon Bussi, Giancarlo Savino, Piero Scapecchi.
Florenz: Octavo, 1994.
Quarto. 239, [1] Seiten, incl. Index und Bibliographie. Mit zahlreichen, teils farbigen Abbildungen von Textseiten, Illuminationen, Einbänden u. s. w.
Leinwand mit Rückengoldprägung.

Erste Ausgabe. Ausstellungskatalog zum „Convegno internationale Aldo Manuzio e la cultura rinascimentale“ der Bibliotheca Medicea Laurenziana und der Bibliotheca Nazionale Centrale in Florenz, mit einigen abgebildeten Unicaten wunderschön illuminierter Aldinen.

Susy Marcon & Marino Zorzi:
Aldo Manuzio e l’ambiente veneziano 1494-1515.
Venedig: il Cardo, 1994.
Quarto. 268 Seiten, incl. Index. Mit zahlreichen, teils farbigen Abbildungen von Textseiten, Mss., Einbandstempeln, Einbänden u.s.w.
Original-Broschur.

Erste Ausgabe. Ausstellungskatalog der Libreria Sansoviniana. Exponate aus berühmten Bibliotheken, u. a. der Apostolica Vaticana, mit einigen Unicaten.

Martin Lowry:
The World of Aldus Manutius. Business and Scholarship in Renaissance Venice.
Cornell University Press, 1979.
Octavo. [8], 350, [2 weiße] Seiten, incl. Index. Mit acht Tafeln sowie Abbildungen im Text.
Original-Leinwand, Originalschutzumschlag.

Erste Ausgabe. Standardwerk zu Leben und Werk des venezianischen Druckers.
Original cloth, First edition, 8 plates, illustrations. This book provides a fascinating and meticulous examination of the life and work of the scholar-printer, Aldus Manutius, by describing his background, outlook, method of business and effect on the intellectual life of his time.

Florio, Giuseppina & Flavia Onofri:
Le Aldine della Biblioteca Casanatense.
Roma, 2018. — PDF

 

Sekundärliteratur aus Katalog 7

Aldus:
Umschlag: ALDUS | Alphabetum | Hebraicum.
Titel: ZUR | MÜNCHENER TAGUNG | DEN BIBLIOPHILEN ÜBERREICHT | TAEUBER & WEIL | ANTIQUARIAT | MÜNCHEN || OKTOBER | 1925.

München: Taeuber & Weil, 1925.
[6] Bll. - Blattgröße: 158 x 99 mm.
Original-Marmorpapierumschlag mit Titelschildchen auf dem Vorderdeckel.

Die mittleren vier Blatt sind das Faksimile der höchst seltenen Aldus-Ausgabe von ca. 1501. Dem Nachwort zufolge sind außer dem faksimilierten nur noch ein Exemplar des Jewish Theological Seminary of America in New York und ein unvollständiges in Privatbesitz bekannt.

Harry George Fletcher:
NEW | ALDINE STUDIES | DOCUMENTARY ESSAYS | ON THE LIFE AND WORK OF | ALDUS MANUTIUS | By Harry George Fletcher III. || Bernard M. Rosenthal, Inc. | San Francisco | 1988.
San Francisco: Rosenthal, 1988.
Octavo. [1] w.Bl., [3] Bll.; Ss. vii-xiii; 206 Ss.
Goldgeprägte blaue Originalleinwand.

Enthält wichtige biographische und bibliographische Aufsätze sowie Dokumente.

Edmund Goldsmid:
Vortitel, in Rot und Schwarz: Ornament The Aldine Press. Ornament.
Haupttitel:
A BIBLIOGRAPHICAL SKETCH | OF | THE ALDINE PRESS | AT VENICE | FORMING | A CATALOGUE | Of all Works issued by Aldus and his successors, | from 1494 to 1597, and a list of all known | Forgeries or Imitations, | TRANSLATED AND ABRIDGED FROM | Ant. Aug. Renouard’s | “Annales de L’Imprimerie des Aldes,” | AND | REVISED AND CORRECTED | BY | EDMUND GOLDSMID, F.R.H.S., F.S.A.(Scot.) | IN THREE PARTS. | PART I. [PART II.; PART III.] | Edinburgh: | E. & G. GOLDSMID. | 1887.

Edinburgh: Goldsmid, 1887.
Quarto. 223 × 136 mm. [2] Bll.; Ss. (5)-56; [1] Bl.; Ss. (5)-80; [1] Bl.; Ss. (5)-42 [incl. Appendix]; xxiv Ss. (“Index to Authors.”).
Grüne Originalleinwand mit Rückengoldprägung und blindgeprägten Deckeln.

Seltene Bearbeitung der Renouardschen Bibliographie für das damalige englischsprachige Sammler­publikum. Eins von nur 75 Exx. auf großem Papier.
Bestermann 5153.

Antje Lemke:
ALDUS MANUTIUS | AND HIS | THESAURUS CORNUCOPIAE | OF 1496. || (...) || Translated by ANTJE LEMKE, | (...) || Introduction by DONALD P. BEAN. | (...) || SYRACUSE UNIVERSITY PRESS.
Quarto. 317 × 203 mm. [2] Bll., Ss. 5-14, [9] Bll.
Syracuse U.P., 1958.
Bedrucktes Originalleinen.

N° 24 von 360 Exx. – Mit Widmung von Antje Lemke an Margot Schöller, datiert 1959.
Enthält die Übersetzung von Aldus’ Vorwort zum Thesaurus sowie die Faksimile der Blätter 1a+b, 2a-6b, 10b, 280a der Originalausgabe.

Ludwig von der Pahlen
BOOKS PRINTED BY | ALDUS MANUTIUS | AND HIS SUCCESSORS | A. D. 1495-1601 | FROM THE COLLECTION OF | Count Ludwig von der Pahlen | ON EXHIBITION FOR THE | ZAMORANO CLUB | LOS ANGELES | GUSTAV FOCK · LEIPZIG · GERMANY | 1933.
Leipzig: Fock, 1933.
Octavo. [1] Bl. (Umschlag); [1] Bl. (Frontispiz); XXII, 186 Ss. (Mit einem Register von pp. 169-178, sowie dem Supplement, das der deutschen Ausgabe dieses Kataloges fehlt.), [1] w.Bl. (Umschlag). Vier eingeschossene Tafeln nach den Seiten 26, 42, 58 und 138 mit Einbandabbildungen sowie einige Textabbildungen.
Blockgeheftete Broschur mit Leinendeckeln, die Originalumschläge eingebunden.

Präsentiert eine hauptsächlich zwischen den Jahren 1870 und 1880 in England aufgebaute Sammlung von etwa neun Zehntel aller bekannten Aldinen. – Die Pahlen waren eine alte baltische Familie schwedischer Herkunft, die im russischen Zarenreich eine Rolle als Diplomaten und Generale spielten.

Leona Rostenberg:
Catalogue Number XXXIX. Madeleine B. Stern, Partner | THE ALDINE PRESS.
New York, 1968.
Octavo. 216 × 138 mm. [3] Bll.; Ss. 7-94, [1] w.Bl.
Bedruckter Originalumschlag.

Beschreibt nach Gebieten geordnet 228 Aldinen sowie in drei Anhängen “Contemporary books by and about the Aldine family” (11), “Books published by the Giunta Press, Aldine associates and imitators” (14) und “Aldine bibliography” (5). Mit zwei Indices.

Theodore Low De Vinne
THE FIRST EDITOR: | ALDUS PIUS MANUTIUS | By | THEODORE LOW DE VINNE | Woodcuts By | ANTONIO FRASCONI | TARG EDITIONS.
Kolophon p. [41]: THE FIRST EDITOR: | ALDUS PIUS MANUTIUS | by Theodore Low De Vinne | with woodcut illustrations by | Antonio Frasconi | is number seventeen of the Targ Editions | published in New York in March 1983 by | William Targ. The book was designed by | Antonio Frasconi and printed by Leslie Miller | at The Granfell Press N.Y. on Rives mould-|made paper; the type is monotype Bembo; | the binding is by A. Horowitz N.J. | The edition is limited | to 250 copies and signed by | Mr. Frasconi and Miss Miller | handschriftlich: 153 folgen die erwähnten Signaturen.

New York: Targ Editions, 1983.
Octavo. ca. 251 × 164 mm. [3] Bll.; Ss. 9-39, [1] Bl. und [1] mehrfach gefaltetes Blatt zwischen Ss. 14 und 15.
Originalhalbleinwand mit goldgeprägtem Rückentitel und Blindprägung auf dem Vorderdeckel, in büttenbezogenem Originalpappschuber.

Der Text erschien zuerst 1881 in Scribner’s Monthly, Vol. 22.
 

Quasi als Anmerkung zur Anmerkung: der Renouard-Katalog

Antoine-Augustin Renouard:
Catalogue d’une précieuse collection de livres, manuscrits, autographes, dessins et gravures (...)
Paris: Potier & J. Renouard / London: Barthès et Lowel, 1854.
Octavo. XXXII (recte 30), 433, [1 weiße] Seiten.
Leinwand der Zeit mit goldgeprägtem Rückentitel. Unbeschnitten.

Exemplar der zweiten Ausgabe, erkenntlich am „Avertissement des Éditeurs | de la première èdition.“ auf p. XXIX, sonst identisch mit der ersten, die eine Neuauflage von Renouards Sammlungskatalog des Jahres 1853 ist (cf. Quaritch Cat. 1077, n°. 494), vermehrt um das Vorwort sowie den neunseitigen Anhang. – Alle Preise von einer Hand der Zeit sauber in brauner Tinte annotiert. Verkaufskatalog der wichtigsten Teile von Renouards Sammlungen, neben den üblichen Inkunabeln, Frühdrucken etc. wurden vorallem eine größere Anzahl von Pergamentdrucken versteigert, darunter zwei Blätter des Psalteriums von 1459, verschiedene Manuskripte u. s. w. Ein gesondertes Register auf pp. 379-385 erschließt diese. Es folgen Autoren- & Künstlerregister.
Einband leicht bestoßen; innen papierbedingt leicht gebräunt.
Slg. Krieg 454 (mit erster oder anmerkdran Ausgabe?) - H. P. Kraus Cat. 184, n° 529 (ungenaue Titelaufnahme, wohl ohne den Vortitel).

Renouard: Catalogue d’une précieuse collection de livres, 1854