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Histoire d’O par Pauline Réage avec une préface de Jean PaulhanAbbildungDeskriptionJean PaulhanHans BellmerLeonor FiniGuido CrepaxAndré Pieyre de MandiarguesGeorge BatailleLes filsVerweise

Johannes Secundus i.e. Jan Nicolai Everaerts: Basia. Berlin: Officina Serpentis, 1921

Un roman mystique

Anne Cécile Desclos — (Pseud.:) Pauline Réage:

Histoire d’O par Pauline Réage avec une préface de Jean Paulhan.

Paris: à Sceaux chez Jean-Jacques Pauvert, 1954.

Octavo. ca. 186 × 118 mm. [4 weiße], [4], XX, [2], 242, [7], [1 weiße] Seiten. Titel in rot und schwarz.

Moderner dunkelroter Maroquinband mit goldgeprägtem ‚O‘ auf Rücken und Vorderdeckel, handgestochene hellrote Seidenkapitale, die bedruckten gelben Originalumschläge beigebunden, unbeschnitten.

„Le second tirage de l’Histoire d’O comprend mille exemplaires sur papier vergé.“ Eins von nur 1000 in der Druckpresse numerierten Exemplaren der zweiten Auflage; alle 600 Exemplare der ersten Auflage waren nicht für den Handel bestimmt.
 « Que c’est de lui, et de lui seul qu’elle dépendait, même si elle recevait des ordres d’autres que lui, qu’il fût présent ou absent, car il participait par principe à n’importe quoi qu’on pût exiger d’elle ou lui infliger, et que c’était lui qui la possédait et jouissait d’elle à travers ceux aux mains de qui elle était remise, du seul fait qu’il la leur avait remise. Elle devait leur être soumise et les accueillir avec le même respect avec lequel elle l’accueillait, comme autant d’images de lui. II la posséderait ainsi comme un dieu possède ses créatures, dont il s’empare sous le masque d’un monstre ou d’un oiseau, de l’esprit invisible ou de l’extase. »
— p. 39.

Wohlerhaltes, schönes Exemplar.

Includes a preface by Jean Paulhan. It was later learned that Dominique Aury, who died in 1998, penned the erotic best-selling novel under the pseudonym Pauline Reage as a way to hide she was Paulhan’s lover and secretary. Though controversial, it is nevertheless regarded as a masterpiece of erotic fiction.

Zweite Auflage.

 

Die deutsche Übersetzung

Pauline Réage:
Geschichte der O mit einem Vorwort von Jean Paulhan von der Academie Française.
Darmstadt: Joseph Melzer, 1967.
Oktavo. 260, [1], [3]w. Ss.
Roter Original-Leinwandband mit gelbem, bedrucktem Rückenschildchen. Farbiger Originalumschlag.

Übersetzt von Simon Saint Honoré.

 

Jean Paulhan

Du bonheur dans l’esclavage. Une révolte à la Barbade

 

Une singulière révolte ensanglanta, dans le courant de l’année mil huit cent trente-huit, l’île paisible de la Barbade. Deux cent Noirs environ, tant hommes que femmes et tous récemment promus à la liberté par les Ordonnances de mars, vinrent un matin prier leur ancien maître, un certain Glenelg, de les reprendre à titre d’esclaves. Lecture fut donnée du cahier de doléances, rédigé par un pasteur anabaptiste, qu’ils portaient avec eux. Puis la discussion s’engagea. Mais Glenelg, soit timidité, scrupules, simple crainte des lois, refusa de se laisser convaincre. Sur quoi il fut d’abord gentiment bousculé, puis massacré avec sa famille par les Noirs qui reprirent le soir même leurs cases, leurs palabres et leurs travaux et rites accoutumés. L’affaire put être assez vite étouffée par les soins du Gouverneur Mac Gregor, et la Libération suivit son cours. Quant au cahier de doléances, il n’a jamais été retrouvé. Je songe parfois à ce cahier. Il est vraisemblable qu’il contenait, à côté de justes plaintes touchant l’organisation des maisons de travail (workhouse), la substitution de lacellule au fouet, et l’interdiction faite aux «apprentis» – ainsi nommait-on les nouveaux travailleurs libres – de tomber malades, l’esquisse au moins d’une apologie de l’esclavage. La remarque, par exemple, que les seules libertés auxquelles nous soyonssensibles sont celles qui viennent jeter autruidans une servitude équivalente. Il n’est pas unhomme qui se réjouisse de respirer librement.Mais si j’obtiens, par exemple, de jouergaiement du banjo jusqu’à deux heures dumatin, mon voisin perd la liberté de ne pas m’entendre jouer du banjo jusqu’à deux heures du matin. Si je parviens à ne rien faire, mon voisin doit travailler pour deux. Et l’on sait d’ailleurs qu’une passion inconditionnelle pour la liberté dans le monde ne manque pas d’entraîner assez vite des conflits et des guerres, non moins inconditionnelles. Ajoutez que l’esclave étant destiné, par les soins de la Dialectique, à devenir maître à son tour, l’on aurait tort sans doute de vouloir précipiter les lois de la nature. Ajoutez enfin qu’il n’est passans grandeur, il ne va pas non plus sans joie, de s’abandonner à la volonté d’autrui (comme il arrive aux amoureux et aux mystiques) et sevoir, enfin! débarrassé de ses plaisirs, intérêtset complexes personnels. Bref, ce petit cahier ferait aujourd’hui, mieux encore qu’il y a cent vingt ans, figure d’hérésie: de livre dangereux. C’est d’une autre sorte de livres dangereux qu’il s’agit ici. Précisément, des érotiques. (...)

Mais il n’est pas une femme qui ne cherche à changer l’homme qu’elle aime, et se changer du même coup. Comme si le proverbe mentait, et qu’il suffit de tout comprendre pour ne rien pardonner du tout. Non, Pauline Réage ne se pardonne pas grand-chose. Et même je me demande, pourtout dire, si elle n’exagère pas un peu; si les femmes ses pareilles lui sont bien aussi pareilles qu’elle suppose. Mais c’est ce que plus d’un homme lui accorde trop volontiers. Faut-il regretter le cahier des esclaves de la Barbade? Je crains, à dire vrai, que l’excellent anabaptiste qui l’a rédigé ne l’ait pétri, dans la partie apologétique, de lieux communs assez plats: par exemple, qu’il y aura toujours des esclaves (c’est en tout cas ce qu’on voit); que ce seront toujours les mêmes (voilà qui peut se discuter); qu’il faut se résigner à son état et ne pas gâcher en récriminations un temps qui pourrait être donné aux jeux, à la méditation, aux plaisirs de l’habitude. Et le reste. Mais je suppose qu’il n’a pas dit la vérité: c’est que les esclaves de Glenelg étaient amoureux de leur maître, c’est qu’ils ne pouvaient se passer de lui, ni de leur esclavage. La même vérité, après tout, d’où vient à l’Histoire d’O sa décision, son inconcevable décence et ce grand vent fanatique qui n’arrête pas de souffler.
— pp. I-III, XIX-XX.

Das Glück in der Sklaverei. Ein Aufstand auf Barbados

 

Ein seltsamer Aufstand forderte im Lauf des Jahres 1838 auf der friedlichen Insel Barbados blutige Opfer. Etwa zweihundert Schwarze, Männer und Frauen, sämtlich durch die März-Erlasse in Freiheit gesetzt, suchten eines Morgens ihren früheren Herrn auf, einen gewissen Glenelg, und baten ihn, sie wieder als Sklaven anzunehmen. Eine Klageschrift, verfaßt von einem Anabaptisten-Pastor, wurde vorgelegt und verlesen. Dann begann die Diskussion. Aber Glenelg wollte sich, aus Zaghaftigkeit, Unsicherheit oder einfach aus Furcht vor dem Gesetz, nicht überzeugen lassen. Worauf die Schwarzen ihm zunächst gütlich zusetzten, ihn dann mit seiner ganzen Familie massakrierten, und noch am gleichen Abend wieder in ihre Hütten zogen, ihre Palaver und gewohnten Arbeiten und Riten wieder aufnahmen. Die ganze Sache konnte durch das Eingreifen des Gouverneurs MacGregor schnell unterdrückt werden, und die Befreiung nahm ihren Fortgang. Die Klageschrift übrigens wurde nie aufgefunden. Ich denke manchmal an diese Schrift. Wahrscheinlich enthielt sie, neben berechtigten Einwänden gegen die Organisation der Arbeitshäuser (workhouses), die Ablösung der Prügelstrafe durch die Gefängnisstrafe, und das Krankheitsverbot für „Lehrlinge“ — so nannte man die neuen, freien Arbeiter — zumindest in Umrissen eine Rechtfertigung der Sklaverei. Zum Beispiel die Bemerkung, daß wir nur für die Freiheiten empfänglich sind, die andere Menschen in eine entsprechende Knechtschaft werfen. Es gibt niemanden, der sich nicht freuen würde, frei zu atmen. Doch wenn ich mir zum Beispiel die Freiheit nehme, bis zwei Uhr morgens lustig Banjo zu spielen, so verliert mein Nachbar die Freiheit, mich nicht bis zwei Uhr morgens Banjo spielen zu hören. Wenn ich es fertigbringe, nichts zu tun, so muß mein Nachbar für zwei arbeiten. Zudem ist bekannt, daß totaler Freiheitsdrang unweigerlich schon bald nicht minder totale Konflikte und Kriege nach sich zieht. Dazu kommt noch, daß, kraft der Dialektik, der Sklave sowieso einmal zum Herrn wird, es wäre falsch, diese naturgesetzliche Entwicklung forcieren zu wollen. Ferner: sich ganz dem Willen eines anderen ergeben (wie dies Liebende und Mystiker tun), ermangelt nicht der Größe und schafft seine eigenen Freuden, so die Freude, sich — endlich! — befreit zu wissen von den eigenen Neigungen, Interessen und Komplexen. Kurz, diese kleine Schrift würde heute, mehr noch als vor hundert Jahren, als Häresie gelten: als gefährliches Buch. Hier handelt es sich um eine andere Art von gefährlichem Buch, genau gesagt, um ein Erotikum. (...)

Aber es gibt keine Frau, die nicht versuchte, den Mann, den sie liebt, zu ändern, und sich damit. Als löge das Sprichwort, als genüge es, alles zu verstehen, um gar nichts zu verzeihen. Nein, Pauline Réage verzeiht sich so gut wie nichts. Und ich frage mich sogar, ob sie nicht ein klein wenig übertreibt; ob ihresgleichen, die Frauen, ihr wirklich so gleichen, wie sie annimmt. Aber mehr als ein Mann wird wohl zu gern mit ihr einer Meinung sein. Muß man bedauern, daß die Klageschrift verlorenging? Ich fürchte, ehrlich gesagt, daß der ehrenwerte Anabaptist, der sie verfaßte, diese Schrift in ihrem apologetischen Teil mit ziemlich abgedroschenen Gemeinplätzen spickte: zum Beispiel, daß es immer Sklaven geben werde (was stimmt); daß es immer die gleichen sein würden (worüber sich streiten läßt); daß man sich mit seinem Stand abfinden und eine Zeit, die man dem Spiel, der Meditation und den üblichen Vergnügungen widmen könnte, nicht mit Klagen vertun solle. Aber ich glaube, er hat nicht die Wahrheit gesagt, nämlich, daß Glenelgs Sklaven in ihren Herrn verliebt waren, daß sie ohne ihn nicht leben konnten. Im Grunde die gleiche Wahrheit, die uns in der Geschichte der O die Bündigkeit und den unfaßbaren Anstand spüren läßt, den fanatischen Sturmwind, der dauernd bläst.
— pp. 7-9, 25-26,

 

Hans Bellmer

Hans Bellmer

Vignette auf dem Titel von ca. 200 Exemplaren der limitierten Erstausgabe, entworfen und gedruckt von Hans Bellmer.

 

Leonor Fini

Leonor Fini

Pauline Réage:
Histoire d’O. Illustré par Leonor Fini.
Paris: Société Nouvelle des Éditions Jean-Jacques Pauvert, 1975.
Rote Original-Pappkassette mit losen, gefalteten Quarto-Textbögen.

Eins von nur 762 numerierten Exx., mit 16 ganzseitigen Illustrationen von Leonor Fini sowie einer numerierten und signierten Original-Lithographie. Gesamtauflage 800 Exx.

 

Guido Crepax

Guido Crepax

Guido Crepax:
Histoire d’O dessiné par Guido Crepax..
Paris: Collection Les chefs-d’œuvre de l’érotisme en bande dessinée, Livre-Essoir, 1975.
Quarto. 289 × 233 mm. 168 Ss.
Schwarz-weiß-rot illustrierter Original-Pappband.

« Théologie du spasme, prédication éparse dans des rubans de “clichés”. Ces “clichés” sont au service de la disproportion. La pupille, l’ongle et le poil sont énormes dans le lilliput des foules et des meubles. Tout s’inverse et bascule comme dans nos vieilles devinettes; mais, dans les vrilles du graphisme, impossible de trouver ni biche ni chasseur. »
— Préface de Marie-José Baudinet.

 

André Pieyre de Mandiargues: Les fers, le feu, la nuit de l’âme

Confronté avec ceux-là ou d’autres plus récents, dont le but, avoué ou non, n’est pas douteux, puisque de l’intrigue au langage tout y concourt à des fins voluptueuses, l’Histoire d’O n’est pas à proprement parler un livre érotique. En effet, des deux plans sur lesquels il est construit, celui de l’esprit (ou mieux : de l’âme) domine impitoyablement celui de la chair. L’image que quatre longs chapitres (un cinquième ultime aurait, dit-on, été supprimé) donnent du monde moderne, l’action, les caractères, sont extraordinairement vifs ; surtout ils ne dépendent pas du feu sensuel, comme ils feraient dans un livre érotique. Il s’agit, en l’occurrence, d’un roman véritable (la chose est tellement rare dans les lettres françaises, depuis Proust, qu’il faut bien applaudir en rangeant Pauline Réage parmi les deux ou trois romanciers qu’aujourd’hui l’on sache), et l’on dirait volontiers que c’est un roman mystique.
Critique, mai 1955.

 

George Bataille: Le Paradoxe de l’Érotisme

Un roman aussi admiré qu’Histoire d’O, par un côté semblable à la littérature de répétition, en diffère néanmoins dans la mesure où, magnifiant l’érotisme, il en est néanmoins l’accablement. Il n’en est pas l’accablement si le langage en lui ne peut prévaloir sur un profond silence qui est comme la trahison de Îa mort, la trahison dernière que la mort est risiblement. L’érotisme d’Histoire d’O est aussi l’impossibilité de l’érotisme. L’accord donné à l’érotisme est aussi un accord donné à l’impossible, que dis-je, il est fait du désir de l’impossible. Le paradoxe d’O est celui de la visionnaire qui mourait de ne pas mourir, c’est le martyre où le bourreau est le complice de la victime. Ce livre est le dépassement de la parole qui est en lui, dans la mesure où, à lui seul, il se déchire, où il résout la fascination de l’érotisme dans la fascination plus grande de l’impossible. De l’impossible qui n’est pas seulement celui de la mort, mais celui d’une solitude qui se ferme absolument.

Cette littérature, si, en un sens, elle est possible, est d’accord avec ceux qui la condamnent. Elle aspire au silence d’une horreur qui a seule la force de la comprendre.
Nouvelle Revue Française, 3e année, n°29, 1er mai 1955, pp. 838-839.

 

La Commission du Livre

Considérant que ce livre publié par l’éditeur Jean-Jacques Pauvert entend retracer les aventures d’une jeune femme qui, pour complaire à son amant, se soumet à tous les caprices érotiques et à tous les sévices. Considérant que ce livre, violemment et consciemment immoral, où les scènes de débauche à deux ou à plusieurs personnages alternent avec des scènes de cruauté sexuelle, contient un ferment détestable et condamnable, et que par là même il outrage les bonnes mœurs.

 

Les fils

Les fils qui m’ont attachée
Sont plus fins que des cheveux
Si la main les tire un peu
Qui les a pris à poignée
 
J’entends répondre sans voix
La captive volontaire
La muette la prisonnière
Que je cache au fond de moi
 
Son sang me brûle les veines
Des épaules aux genoux
Elle se tait mais c’est nous
Qui perdons ensemble haleine
 
Si les fils incandescents
Leur réseau de moi détachent
Si l’étreinte se relâche
Par quoi je vais respirant
 
Je deviendrai cendre éteinte
Scorie poudre et sable au vent
Gravats débris pavement
Sel de gemme asphalte peinte
 
Pour me renfoncer en terre
Au plus proche au plus commun
Pour que la chaleur des mains
Se refroidisse à la pierre
 
Et que me marche dessus
Le roi qui m’a caressée
Déchirée brûlée jetée
Vide défaite et rompue.