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Anatol France i. e. François Anatole Thibault: ThaisAbbildungDeskriptionSur la pierre blancheVerweise

Anatol France: Thais. Paris: Calmann-Lévi, 1891

« Dieu, le ciel, tout cela n’est rien. »

Anatol France i. e. François Anatole Thibault:

Thais.

Paris: Calmann-Lévi, 1891.

Octavo. 181 × 111 mm. 350 Seiten.

Handgefertigter, roter geglätteter Maroquinband mit vier echten erhabenen Bünden auf dem Rücken und goldgeprägtem Titel auf zweitem und viertem Feld, unten Ort und Jahr. Stehkantenvergoldung aus feiner Doppellinie. Spiegel intarsiert mit blaugrünem Maroquin, von den Einschlägen abgesetzt mit Linienvergoldung und auf dem intarsierten Teil ein Rahmen aus vier schwarzen Linien, deren äußere an den Ecken in Kreise übergehen, die jeweils eine nach außen weisende Blume umschließen, die in rotem, grünem und hellbraunem Leder intarsiert ist. Lederinnenfälze, Vorsätze aus hellblauer Moiréseide, zweite Vorsätze aus wolkig gemustertem Papier; Goldschnitt, vorn und unten wenig beschnitten; handgestochene dreifarbige Seidenkapitale, rotes Lesebändchen; Originalumschläge beigebunden. Signiert auf vorderem Ledereinschlag unten: „H. Blanchetière“. Henri Blanchetière (1881-1933) stand in seinen frühen Jahren dem Stil Marius Michels nahe, indem er einen, von der Natur inspirierten modernen Stil verfolgte; so verband er Muster von Art-Nouveau-Blumen mit meist gekurvten Linien, um sich später mehr symmetrischen und linearen Motiven zuzuwenden. Cf. Duncan/De Bartha Nr. 19 und p. 187.

Anatole France (1844-1924) setzte mit Thais die Reihe seiner antireligiösen Werke fort: Gegen ein überhebliches, diesseits-feindliches Christentum stellte er die Neubelebung einer dekadent-epikuräischen Spätantike. Als Quellen dienten ihm Hroswita von Gandersheim, Jacobus de Voragine und andere mittelalterliche Legendensammlungen.
¶ Paphnuce, ein asketischer Einsiedler der ägyptischen Wüste, reist nach Alexandria, um die libertine Schönheit Thais zu finden, die er als Jugendlicher kannte. Er tarnt sich als Dandy und vermag mit ihr über die Ewigkeit zu sprechen. Überraschenderweise gelingt es ihm, sie zum Christentum zu bekehren. Doch bei ihrer Rückkehr in die Wüste fasziniert ihn ihr früheres Leben. Sie tritt in ein Kloster ein, ihre Sünden zu bereuen. Aber er kann die Attraktivität ihrer Schönheit nicht vergessen, und die Werte des Lebens verwirren sich in ihm. Später, als sie stirbt und nur sieht, wie sich der Himmel über ihr öffnet, tritt er an ihre Seite und sagt ihr, daß ihr Glaube eine Illusion sei und er sie liebe: « Ne meurs pas, criait-il d’une voix étrange qu’il ne reconnaissait pas lui-même. Je t’aime, ne meurs pas ! Écoute, ma Thaïs. Je t’ai trompée, je n’étais qu’un fou misérable. Dieu, le ciel, tout cela n’est rien. Il n’y a de vrai que la vie de la terre et l’amour des êtres. Je t’aime ! ne meurs pas ; ce serait impossible ; tu es trop précieuse. Viens, viens avec moi. Fuyons ; je t’emporterai bien loin dans mes bras. Viens, aimons-nous. Entends-moi donc, ô ma bien-aimée, et dis : ‹ Je vivrai, je veux vivre. › Thaïs, Thaïs, lève-toi ! »

Einband mit minimalen Bereibungen an den Bünden und dem oberen Kapital, die Deckel mit je einem schwachen kleinen Fleck. Schönes Beispiel eines Art-Nouveau-Einbandes mit Äußerem à la Janseniste.

Cf. Thieme 157 (Ausg. 1890). – BibliographienNouvelle édition revue et corrigée par l’auteur.

 

« Qui fait une religion ne sait pas ce qu’il fait, répliqua Langelier. J’en dirai presque autant de ceux qui fondent les grandes institutions humaines, ordres monastiques, compagnies d’assurances, garde nationale, banques, trusts, syndicats, académies et conservatoires, sociétés de gymnastique, soupes et conférences. Ces établissements, d’ordinaire, ne correspondent pas longtemps aux intentions de leurs fondateurs, et il arrive parfois qu’ils y deviennent tout à fait opposés. Encore y peut-on reconnaître, après de longues années, quelques indices de leur destination première. Quant aux religions, tout au moins chez les peuples dont la vie est agitée et la pensée mobile, elles se transforment sans cesse et si complètement, au gré des sentiments et des intérêts de leurs fidèles et de leurs ministres, qu’au bout de peu d’années elles ne gardent rien de l’esprit qui les créa. Les dieux changent plus que les hommes, parce qu’ils ont une forme moins précise et qu’ils durent plus longtemps. Il y en a qui s’améliorent en vieillissant ; d’autres se gâtent avec l’âge. En moins d’un siècle, un dieu devient méconnaissable. Celui des chrétiens s’est transformé plus complètement peut-être qu’aucun autre. Cela tient, sans doute, à ce qu’il a appartenu successivement à des civilisations et à des races très diverses, aux Latins, aux Grecs, aux Barbares, à toutes les nations formées sur les débris de l’Empire romain. Certes, il y a loin du roide Apollon de Dédale à l’Apollon classique du Belvédère. Il y a plus loin encore du Christ éphèbe des Catacombes au Christ ascétique de nos cathédrales. Ce personnage de la mythologie chrétienne surprend par le nombre et la diversité de ses métamorphoses. Au Christ flamboyant de saint Paul succède, dès le IIe siècle, le Christ des synoptiques, Juif pauvre, vaguement communiste, qui presque aussitôt devient, avec le quatrième évangile, une sorte de jeune alexandrin, disciple très faible des gnostiques. Et plus tard, à ne considérer que les Christs romains et pour ne s’arrêter qu’aux plus célèbres, on eut le Christ dominateur de Grégoire VII, le Christ sanguinaire de saint Dominique, le Christ chef de bandes de Jules II, le Christ athée et artiste de Léon X, le Christ fade et louche des Jésuites, le Christ protecteur de l’usine, défenseur du capital et adversaire du socialisme, qui fleurit sous le pontificat de Léon XIII et qui règne encore. Tous ces Christs, qui n’ont entre eux de commun que le nom, saint Paul ne les prévoyait pas. Au fond il n’en savait pas plus que Gallion sur le dieu futur. » — Sur la pierre blanche, pp. 166-168.